
Dans le décor solennel du Salon de la Mairie du Cap-Haïtien, une voix jeune, assurée et engagée s’est imposée avec force ce mardi. Celle d’Abigail Alexandre, lauréate du concours @eloquencia, venue effectuer sa première visite officielle dans la Cité Christophienne.
De passage dans le Nord avant de poursuivre son trajet vers Jacmel, sa ville natale, la jeune avocate de la jeunesse a livré un discours dense, structuré et porteur d’un message clair : la jeunesse haïtienne doit prendre la parole et assumer son rôle dans la construction du pays.
Dès les premières secondes, Abigail Alexandre installe un ton personnel, presque introspectif, en évoquant « une émotion extrêmement profonde ». Cette entrée en matière, loin d’être anodine, traduit une volonté de créer une connexion immédiate avec son auditoire.
Elle décrit le Cap-Haïtien comme une terre qu’elle découvre physiquement, mais qui lui semble déjà familière — une formulation qui renvoie à une identité nationale partagée, au-delà des frontières régionales.
Au cœur de son intervention, la lauréate revient sur la portée réelle de son parcours au concours @eloquencia. Elle ne présente pas cette distinction comme une fin, mais comme un levier.
« L’éloquence ne m’a pas seulement appris à bien parler… elle m’a appris à porter une voix. »
Dans cette phrase se cristallise toute la philosophie de son discours : la parole comme outil d’action sociale et politique. Abigail Alexandre s’inscrit ainsi dans une tradition d’orateurs pour qui s’exprimer revient à représenter, défendre et mobiliser.
Plus qu’un témoignage individuel, son intervention prend rapidement une dimension collective. Elle érige sa victoire en symbole d’une génération qui refuse l’effacement :
Ce positionnement, à la fois affirmatif et mobilisateur, s’inscrit dans un contexte où les jeunes haïtiens cherchent de plus en plus à redéfinir leur place dans l’espace public.
L’un des axes structurants du discours repose sur une idée simple mais stratégique : l’audace comme point de départ.
« Je ne suis pas ici parce que je suis la meilleure… c’est parce que j’ai osé. »
Cette déclaration déconstruit le mythe de l’excellence inaccessible pour le remplacer par une logique d’initiative. En d’autres termes, la légitimité ne précède pas l’action, elle en découle.
Dans sa dernière séquence, Abigail Alexandre adopte un ton plus direct, presque injonctif. Elle s’adresse explicitement aux jeunes du Cap-Haïtien et, au-delà, à ceux de tout le pays.
Son message s’articule autour de trois impératifs :
« N’attendez pas que le monde vous donne la permission d’exister. »
Cette phrase, au cœur de son intervention, résume une vision où l’initiative individuelle devient un moteur de transformation collective.
La visite d’Abigail Alexandre au Cap-Haïtien s’inscrit dans un itinéraire plus large, qui la conduira vers Jacmel. Mais au-delà du déplacement géographique, c’est bien une trajectoire d’influence qui semble se dessiner.
Son passage dans la Cité Christophienne aura servi de plateforme pour amplifier un message qui dépasse sa personne : celui d’une jeunesse consciente de son potentiel et appelée à jouer un rôle central dans l’avenir d’Haïti.
En articulant expérience personnelle, discours motivant et appel à l’action, Abigail Alexandre adopte une posture hybride — à mi-chemin entre leadership d’opinion et représentation générationnelle. Une approche qui pourrait, à terme, renforcer son influence dans les sphères sociales et culturelles haïtiennes.






