
Haïti : Dialogue crucial entre Laurent Saint-Cyr et Jean-Bertrand Aristide pour sécuriser le pays avant les élections 2026.
En ce 11 août 2025, Haïti vit une de ces journées qui pourraient marquer l’histoire politique contemporaine du pays. Laurent Saint-Cyr, fraîchement investi à la tête du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) il y a quelques jours, a rencontré ce matin l’ancien président Jean-Bertrand Aristide dans la résidence du leader populaire à Tabarre. Objectif de ce face-à-face : “jeter les bases d’une unité nationale et mettre tout en œuvre pour restaurer la sécurité avant les élections prévues début 2026”.
Laurent Saint-Cyr a expliqué à sa sortie de la réunion que « le temps est venu de rassembler toutes les forces vives de la nation. Notre peuple ne peut plus attendre — il faut que cesse la violence et que revienne la confiance dans le pays ». Une déclaration qui fait écho aux paroles de Jean-Bertrand Aristide, figure incontournable de la gauche et exilé politique à deux reprises, qui a appelé au « dialogue inclusif et à la solidarité entre toutes les couches de la société ».
La rencontre survient dans un contexte sécuritaire alarmant : les principaux axes de la capitale sont contrôlés par des groupes armés et, selon les experts, près de 60% de la population haïtienne vivent aujourd’hui sous la menace directe des gangs. Le CPT, appuyé par la communauté internationale et notamment une mission policière menée par le Kenya, doit faire face à un territoire fragmenté, où organiser le scrutin relève pour l’instant du défi majeur.
Ce dialogue institutionnel avec l’ex-président Aristide est lourd de symbole : il démontre la volonté du nouveau coordonnateur du CPT d’inclure les voix historiques qui ont marqué l’histoire du pays, au moment où la population réclame des solutions concrètes et urgentes. Selon plusieurs proches des deux hommes, la discussion aurait porté sur une feuille de route de sécurisation du pays, la relance du processus constitutionnel et la préparation logistique des élections.
Mais le chemin reste long. La légitimité du CPT est contestée par certains secteurs et la capacité des forces nationales à reprendre le contrôle du territoire demeure limitée. « Sans sécurité, il n’y aura pas d’élections libres », a martelé Laurent Saint-Cyr, qui promet une série de nouvelles rencontres avec les grandes figures du pays dans les semaines à venir.
Espoir, mobilisation et vigilance : telles sont les valeurs au cœur de cette nouvelle étape du dialogue national. Le peuple haïtien attend des résultats — et le monde observe de près la capacité de la classe politique à dépasser ses clivages pour redonner à Haïti un avenir démocratique et pacifié.
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