
Saint-Domingue, R.D. — L’affaire qui secoue la communauté haïtienne et dominicaine continue de prendre de l’ampleur. Plus de trois semaines après la mort de Stephora Anne-Mircie Joseph, 11 ans, lors d’une sortie scolaire à la ferme Los Caballos, Gurabo, les autorités dominicaines ont annoncé l’arrestation de quatre membres de l’Institut Leonardo Da Vinci, établissement où la jeune élève était scolarisée.
Selon le parquet, les personnes arrêtées sont :
Elles sont poursuivies pour homicide involontaire, accusation fondée sur les manquements graves observés dans l’organisation de la sortie. Une vidéo remise à la justice met en lumière ce que les autorités qualifient de « négligence extrême ».
Le ministère public affirme disposer de preuves que 87 élèves auraient été transportés avec seulement trois accompagnateurs, sans moyen de sécurité adapté, sans gilets de sauvetage, sans vérification du niveau de natation des enfants, ni mesures préventives autour de la piscine où Stephora a été retrouvée sans vie le 14 novembre.
Cette excursion, présentée comme une simple promenade éducative, s’est transformée en drame lorsque la fillette s’est noyée dans l’une des piscines du domaine. La diffusion des images et les témoignages ont soulevé colère, indignation et une vague d’émotion dans la diaspora haïtienne comme en République dominicaine.
Face aux tensions générées par l’affaire, l’école Leonardo Da Vinci a été fermée plus tôt que prévu. La reprise est annoncée pour janvier, le temps que l’enquête avance et que les autorités statuent sur les responsabilités institutionnelles.
Par ailleurs, le parquet a sollicité une inspection conjointe avec le ministère de l’Éducation, afin d’évaluer les pratiques de l’établissement et vérifier s’il existe des manquements à l’intérêt supérieur de l’enfant — principe juridique essentiel en matière éducative et de protection des mineurs.
Sous instruction de la procureure générale Yeni Berenice Reynoso, le dossier est pris en charge par Wilson Camacho, procureur adjoint, et l’avocate Olga Diná Llaverías, rattachée à la Direction nationale de l’enfance, de l’adolescence et de la famille (DINNAF).
L’affaire reste en développement. Beaucoup espèrent que la lumière sera faite sur les circonstances exactes de la mort de Stephora, afin que justice soit rendue et que des mesures soient prises pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Une enfant est partie en excursion et n’est jamais revenue.
Derrière les documents judiciaires, c’est la mémoire d’une vie brisée qui réclame réponse.






