
Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, l’artiste haïtiano-américaine lève le voile sur la genèse du titre. Elle y explique que “Gyet manmanw” est, selon elle, une façon très honnête de dire “je t’aime” en créole — non pas dans sa version romantique, mais dans sa forme la plus douloureuse.
L’été précédant son anniversaire, Ayiiti met fin à une relation de huit ans. Une séparation lourde, encore fraîche, qui la laisse à la fois triste, blessée… et en colère. Peu de temps après, elle se retrouve en studio à Bogotá, en Colombie, pour travailler avec Pando Music.
C’est lors de l’une de leurs toutes premières sessions que la chanson commence à prendre forme. L’équipe écrit autour de la rupture, cherchant à traduire ce qu’Ayiiti traverse réellement à ce moment-là.
Au cours du processus créatif, les producteurs lui posent une question simple :
« Comment dit-on “I love you” en créole ? »
Mais Ayiiti n’est pas dans un état d’esprit tendre. Elle le reconnaît elle-même : la rupture est encore trop récente, trop vive. Et surtout, elle rappelle une vérité souvent ignorée :
« Les ruptures ne sont pas seulement faites de tristesse. Il y a aussi la colère. C’est tout un processus. »
Sa réponse n’est donc pas académique. Elle est émotionnelle. Gyet manmanw devient alors l’expression exacte de ce qu’elle ressent à cet instant précis.
La chanson ne cherche pas à embellir le créole ni à le rendre plus “acceptable”. Au contraire, Ayiiti l’utilise dans toute sa rugosité émotionnelle, comme un miroir de son état intérieur. Ici, l’amour ne passe pas par des mots doux, mais par une colère encore chargée d’attachement.
Gyet manmanw n’est pas une insulte gratuite. C’est une déclaration d’amour déformée par la douleur, une vérité crue capturée en studio.
C’est précisément cette honnêteté qui fait la force du morceau. Ayiiti ne joue pas un rôle, elle documente un moment de fracture émotionnelle. Et en cela, Gyet manmanw dépasse la provocation pour devenir une œuvre profondément humaine.






