
Les procureurs de l’État de Floride ont officiellement renoncé à poursuivre le journaliste culturel haïtien Carel Pedre dans une affaire de violence domestique ouverte dans le comté de Broward. Une décision judiciaire qui met fin à la procédure pénale locale, sans pour autant clore l’ensemble des conséquences juridiques potentielles du dossier.
Selon un document judiciaire émis par le Bureau du State Attorney du 17ᵉ circuit judiciaire de Floride, l’État a déposé un « no information », signifiant qu’aucune information pénale ne sera retenue contre l’accusé. En pratique, cela équivaut à un abandon des poursuites (decline to prosecute) dans cette affaire de violence domestique.
Le texte précise que Carel Pedre n’est désormais plus soumis aux conditions de liberté provisoire liées à cette accusation et que les ordonnances de mise en liberté préjudicielles antérieures sont désormais « sans force ni effet ».
Cette évolution a été confirmée publiquement par Marie Pereira lors d’un live Facebook avec le journaliste James Pierre. Selon ses déclarations, les procureurs n’ont pas fourni de justification détaillée à leur décision. Elle a toutefois indiqué que :
Dans le cadre de la procédure initiale, Vanessa Joseph avait versé une caution (bond) de 1 000 dollars auprès du bureau du shérif du comté de Broward afin de permettre la libération de Carel Pedre. Avec l’abandon des charges par l’État, cette somme a été intégralement restituée, conformément aux règles en vigueur en Floride.
Un point important a été souligné par Marie Pereira : l’abandon des poursuites ne constitue pas une déclaration d’innocence à 100 %. En droit pénal américain, une décision de no information signifie avant tout que le procureur estime ne pas disposer de preuves suffisantes pour soutenir une accusation au-delà du doute raisonnable devant un jury.
Autrement dit, la procédure s’arrête pour des raisons probatoires ou stratégiques, et non à la suite d’un jugement sur le fond.
Si le dossier pénal est clos au niveau local, les conséquences en matière d’immigration pourraient suivre une logique différente. En droit migratoire américain, même une affaire classée ou abandonnée peut être examinée de manière indépendante par les autorités fédérales, qui ne sont pas liées par la décision du parquet local.
Selon Marie Pereira, cette dimension migratoire représente désormais le principal enjeu pour Carel Pedre, car les standards de preuve et d’appréciation y sont distincts du droit pénal classique.
L’abandon des poursuites met un terme formel à une séquence judiciaire sensible, très commentée au sein de la communauté haïtienne et des milieux médiatiques. Mais l’affaire continue de susciter interrogations et débats, notamment sur la frontière entre responsabilité pénale, perception publique et conséquences administratives.
Pour Carel Pedre, cette décision marque un soulagement judiciaire immédiat, tout en laissant planer des incertitudes sur les suites possibles hors du cadre strictement pénal.
Documeent dispnible sur le site: https://www.browardclerk.org/Web2






