
Le 22 février 2026, une opération militaire menée dans l’État de Jalisco a mis fin à la cavale de l’un des criminels les plus recherchés au monde : Nemesio Oseguera Cervantes, alias El Mencho. Chef du redoutable Cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), il avait bâti en moins de deux décennies un empire criminel capable de rivaliser avec les plus grandes organisations de narcotrafic de l’histoire.
Né le 17 juillet 1966 dans une zone rurale de l’État de Michoacán, au Mexique, El Mencho grandit dans un environnement marqué par la pauvreté et l’absence d’opportunités. Comme de nombreux jeunes de sa génération, il migre clandestinement vers les États-Unis à la recherche d’une vie meilleure.
Mais son parcours bascule rapidement dans la criminalité. En 1994, il est arrêté en Californie et condamné pour distribution d’héroïne. Après avoir purgé trois années de prison, il est libéré sur parole puis déporté vers le Mexique à la fin des années 1990.
De retour au pays, Oseguera Cervantes parvient à intégrer les forces de police à Jalisco — une position stratégique qui lui permet de comprendre de l’intérieur le fonctionnement des autorités. Selon plusieurs enquêtes, il s’immerge alors progressivement dans le narcotrafic.
Il devient ensuite tueur à gages pour le cartel Milenio, avant de collaborer avec le cartel de Sinaloa, où il supervise et sécurise des opérations de trafic. Cette période forge sa réputation d’homme brutal, discipliné et extrêmement efficace.
Au début des années 2010, profitant de la fragmentation des cartels existants, El Mencho fonde le Cartel Jalisco Nueva Generación. L’organisation se distingue rapidement par sa violence extrême, son armement sophistiqué et sa structure quasi militaire.
En quelques années, le CJNG étend son influence à une grande partie du territoire mexicain et développe un réseau international de trafic de cocaïne, méthamphétamine et fentanyl vers les États-Unis, l’Europe et l’Asie.
Face à la montée en puissance du CJNG, les autorités mexicaines et américaines intensifient la traque. Pendant des années, El Mencho devient l’un des fugitifs les plus recherchés au monde. En 2024, la prime pour sa capture atteint 15 millions de dollars.
Malgré plusieurs opérations militaires, il parvient à échapper aux forces de sécurité, alimentant sa réputation d’homme insaisissable.
Le 22 février 2026, les forces armées mexicaines lancent une opération d’envergure dans son bastion de Jalisco, appuyées par des renseignements fournis par les États-Unis. Après plus d’une décennie de traque, El Mencho est finalement tué, marquant un tournant majeur dans la guerre contre les cartels.
Sa mort met fin au règne d’un homme qui avait transformé une organisation régionale en puissance criminelle mondiale.
La disparition d’El Mencho ouvre une période d’incertitude. Les experts redoutent soit une lutte interne pour sa succession, soit la continuité du cartel sous une nouvelle direction.
L’histoire récente montre que les organisations criminelles survivent souvent à leurs chefs. Après la mort de Pablo Escobar, le cartel de Medellín s’est effondré, tandis que celui de Joaquín “El Chapo” Guzmán a continué d’opérer malgré son arrestation.
Reste à savoir si la chute d’El Mencho marquera la fin du CJNG ou le début d’une nouvelle phase encore plus violente.
De migrant clandestin à chef du cartel le plus puissant du Mexique, Nemesio Oseguera Cervantes aura incarné l’évolution du narcotrafic moderne : plus militarisé, plus international et plus difficile à éradiquer.
Sa mort clôt un chapitre, mais la guerre contre les cartels, elle, est loin d’être terminée.






