
Face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire en Haïti, la République dominicaine a intensifié ses efforts diplomatiques pour obtenir un soutien international renforcé.
Face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire en Haïti, la République dominicaine a intensifié ses efforts diplomatiques pour obtenir un soutien international renforcé. Le président dominicain Luis Abinader, accompagné des anciens présidents Hipólito Mejía, Leonel Fernández et Danilo Medina, a adressé des lettres officielles aux dirigeants des principales puissances mondiales et membres du Conseil de sécurité de l’ONU, demandant la transformation de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MSS) en Haïti en une mission hybride sous leadership direct des Nations Unies1234.
Lancée pour appuyer la sécurité en Haïti, la MSS fait aujourd’hui face à de sérieuses limites. Moins de la moitié des effectifs promis sont déployés, les infrastructures de base manquent, et les capacités logistiques restent insuffisantes. Face à l’enlisement, António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, propose une mission hybride articulée autour d’un bureau intégré à Port-au-Prince.
Objectifs affichés :
Une telle mission permettrait aussi de mieux garantir le respect des droits humains et l’engagement durable de la communauté internationale.
Les autorités dominicaines alertent sur l’expansion des groupes armés comme Viv Ansanm et Gran Grif qui menacent non seulement Haïti, mais aussi la stabilité de toute la région caraïbe. La situation pourrait transformer Haïti en un centre névralgique pour le trafic de drogue, le terrorisme et la criminalité transnationale, avec des répercussions graves pour la République dominicaine et ses voisins12.
Cette initiative a conduit à la convocation exceptionnelle du Conseil de sécurité de l’ONU le 30 juin 2025, à la demande de plusieurs anciens présidents dominicains, dans une démarche inédite qui transcende les clivages politiques. Cette réunion vise à attirer l’attention internationale sur la crise haïtienne et à débattre des moyens d’y répondre efficacement
Le ministre dominicain, Roberto Álvarez, a également appelé l’Organisation des États américains (OEA) à soutenir cette proposition, soulignant la nécessité d’une mission hybride pour rétablir la paix et la sécurité dans le pays. Le succès de cette démarche dépendra toutefois de la capacité des acteurs internationaux à s’accorder sur un format opérationnel et financier adapté, ainsi que sur une coordination claire entre l’ONU, l’OEA et les pays de la région.
Cette transformation de la MSS pourrait être un tournant historique pour Haïti — à condition qu’elle s’accompagne d’un engagement authentique, d’une écoute des voix locales et d’une volonté régionale collective. Mission hybride ou statu quo : l’avenir d’Haïti, et par extension celui de la stabilité caribéenne, pourrait bien se jouer dans les semaines à venir.
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