
République dominicaine renforce le contrôle migratoire en 2025, avec expulsions massives de migrants haïtiens, suscitant inquiétudes et critiques humanitaires.
La République dominicaine a renforcé de manière significative sa politique migratoire en 2025, ciblant particulièrement les Haïtiens en situation irrégulière. Ce durcissement est marqué par un déploiement massif d’agents formés et une intensification des expulsions dans plusieurs provinces du pays.
Luis Rafael Lee Ballester, directeur de la Direction générale de l’immigration (DGM), a annoncé l’arrivée de 400 nouveaux agents, formés à la fois théoriquement et sur le terrain. Ces agents sont déployés dans 19 provinces pour multiplier les opérations d’interdiction d’immigration. L’objectif affiché est d’augmenter les contrôles et les expulsions des migrants en situation irrégulière. Selon lui, les personnes sans papiers sont invitées à quitter volontairement le pays avant une montée en puissance des interdictions. 1
Depuis octobre 2024, plus de 180 000 Haïtiens ont été expulsés sans évaluation individuelle de leur situation, ce qui soulève d’importantes critiques. En 2025 seulement, plus de 114 000 expulsions ont déjà eu lieu, avec des interventions même dans les hôpitaux, ciblant notamment des femmes enceintes et des mères avec leurs nouveau-nés. Ces pratiques ont suscité l’inquiétude d’ONG et d’organisations internationales qui dénoncent des violations des droits humains, notamment le refus d’accès aux soins médicaux pour les sans-papiers.
Le gouvernement dominicain justifie ces mesures par la nécessité de protéger la souveraineté nationale, de limiter la surcharge sur les services publics (éducation, santé, sécurité) et de favoriser la « dominicanisation » du marché du travail. Parallèlement, les autorités ont renforcé la coopération avec des partenaires internationaux tels qu’Interpol pour mieux contrôler les frontières et lutter contre la criminalité liée à la migration.
Des organisations comme Amnistie internationale demandent un arrêt des expulsions collectives, une meilleure évaluation individuelle des cas et l’ouverture de voies légales pour l’immigration. Elles soulignent aussi l’importance de respecter les principes internationaux comme le non-refoulement et le droit à la santé, surtout pour les populations vulnérables comme les femmes enceintes et les enfants.
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