
Le monde du compas haïtien est en deuil. Dieudonné Larose, l’une des voix les plus reconnaissables de la musique haïtienne contemporaine, est décédé vendredi 9 janvier 2026 aux États-Unis, à l’âge de 80 ans. Sa disparition marque la fin d’une carrière artistique longue de plusieurs décennies, et laisse derrière lui une empreinte culturelle profonde, ainsi qu’une grande famille personnelle — 27 enfants qu’il a élevés ou auxquels il laisse un héritage affectif et musical.
Larose, né le 5 juin 1945 à Cabaret, Haïti, a consacré plus de quarante ans de sa vie à la musique, en tant que chanteur, compositeur et pilier du compas. Il est reconnu pour sa capacité à fusionner des rythmes traditionnels avec des mélodies nouvelles, donnant naissance à des pièces devenues cultes, dont « Mandela » et « Accident », qui continuent à être fredonnées à travers les Caraïbes et au-delà. 1
Avant de se lancer comme artiste solo, Larose avait débuté dans des formations locales, comme Shoogar Combo, un groupe qui l’a révélé au public haïtien dans les années 1970. Il a ensuite rejoint des orchestres populaires comme DP Express avant de développer son propre parcours musical, signé par des albums et performances qui lui ont valu une reconnaissance internationale.
Sa carrière fut marquée par des tournées en Haïti, en Amérique du Nord, et dans les Caraïbes, où il jouissait d’un grand respect pour sa constance artistique et sa passion pour la culture haïtienne. Son influence s’étendait à toute une génération de musiciens de compas, qui considéraient Larose comme un maître du genre.
Malgré un succès professionnel éclatant, la vie personnelle de Larose fut complexe : il était père de 27 enfants, signe d’une vie aussi remplie hors scène que sur scène. Ce détail met en relief la dualité de son héritage — à la fois artistique et humain — et laissent des proches, amis et fans en état de réflexion sur ce qu’il représentait pour eux.
La cause exacte de son décès n’a pas encore été rendue publique par sa famille. Ses obsèques devraient être organisées soit aux États-Unis, soit en Haïti, avec la participation probable de nombreuses figures du monde culturel haïtien et de la diaspora.
Dieudonné Larose reste, dans l’histoire du compas, une icône de longévité et de créativité. Sa musique continuera d’être écoutée, célébrée et transmise, faisant vivre sa mémoire bien au-delà de son dernier souffle.






