
Lors du Forum économique mondial de Davos, le président américain Donald Trump a officiellement annoncé la création d’une nouvelle organisation internationale baptisée le Board of Peace. Présentée comme un outil destiné à « rétablir la paix mondiale » et à résoudre certains des conflits les plus complexes de la planète, l’initiative a été accompagnée de déclarations particulièrement ambitieuses.
Pourtant, malgré la rhétorique offensive et la mise en scène diplomatique, les faits sont sans équivoque : aucune grande puissance mondiale et très peu d’alliés historiques des États-Unis n’ont rejoint le projet dès son lancement. 1
Contrairement aux attentes affichées par Washington, les principales puissances mondiales — notamment en Europe occidentale et en Asie — ont choisi de rester à l’écart. Des pays traditionnellement proches des États-Unis ont adopté une posture prudente, préférant observer l’évolution du projet avant tout engagement formel.
Ce manque d’enthousiasme tranche fortement avec l’objectif annoncé de créer une plateforme mondiale crédible, capable d’imposer des solutions diplomatiques durables. À ce stade, le Board of Peace rassemble surtout des États dont l’influence géopolitique reste limitée, ce qui affaiblit considérablement sa portée internationale.
L’un des principaux points de friction concerne la relation entre cette nouvelle structure et l’Organisation des Nations unies. Plusieurs diplomates et analystes estiment que le Board of Peace pourrait apparaître comme une organisation parallèle, voire concurrente, risquant de fragmenter davantage la gouvernance mondiale.
Dans un contexte international déjà marqué par des tensions, des conflits prolongés et une crise de confiance envers les institutions, de nombreux États jugent qu’il est risqué de soutenir une structure perçue comme fortement politisée et dominée par une seule puissance.
Au-delà des discours, le projet soulève des interrogations majeures :
Autant de questions restées sans réponses claires, renforçant le scepticisme des capitales étrangères. Pour beaucoup, cette initiative semble davantage relever d’une stratégie politique et communicationnelle que d’une refonte sérieuse de l’architecture diplomatique mondiale.
L’écart entre les ambitions affichées par Donald Trump et la réalité diplomatique est manifeste. Sans le soutien des grandes puissances ni l’adhésion claire des alliés historiques des États-Unis, le Board of Peace peine à s’imposer comme un acteur crédible de la scène internationale.
Ce dossier illustre une réalité géopolitique incontournable : la paix mondiale ne se décrète pas unilatéralement, elle se construit par des mécanismes multilatéraux reconnus, légitimes et collectifs.






