Punta Cana, 30 mars 2025 – Une marche organisée par l’Antigua Orden Dominicana à Hoyo de Friusa, dans la région de Bávaro, a tourné à l’affrontement ce dimanche, alors que les manifestants ont été dispersés par les autorités à l’aide de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Cet événement, qui visait à aborder les questions d’immigration et de souveraineté nationale, a mis en lumière les tensions persistantes dans cette zone où réside une importante communauté d’immigrants haïtiens.
La marche, menée par des groupes nationalistes dominicains, avait pour objectif de dénoncer l’immigration irrégulière et de défendre la souveraineté nationale. Les organisateurs, notamment l’Antigua Orden Dominicana, ont qualifié Hoyo de Friusa de “ghetto” influencé par des pratiques culturelles et sociales similaires à celles d’Haïti. Selon eux, cette situation menace l’identité et la stabilité de la région.
Cependant, l’événement a rapidement pris une tournure tendue lorsque les manifestants ont atteint des zones à forte concentration d’immigrants haïtiens. Les autorités, craignant des violences, ont déployé des forces de police et de l’armée pour maintenir l’ordre. Les affrontements ont éclaté lorsque les manifestants ont refusé de se disperser, conduisant à l’utilisation de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

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Les manifestants ont vivement critiqué l’intervention des autorités, qualifiant leurs actions de “maltraitance”. Certains ont rapporté avoir été aspergés d’eau et exposés à des gaz lacrymogènes sans provocation. “Nous marchions pacifiquement pour défendre notre pays, et nous avons été traités comme des criminels”, a déclaré un participant sous couvert d’anonymat.
De leur côté, les organisations sociales dominicaines et haïtiennes ont condamné la marche, la qualifiant de xénophobe et raciste. Elles ont accusé les organisateurs de chercher à intimider la communauté haïtienne et ont critiqué le gouvernement pour avoir permis cet événement. “Cette marche est une provocation qui met en danger des milliers de personnes innocentes”, a déclaré un représentant d’une organisation de défense des droits des immigrants.
Le président Luis Abinader, qui a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière une priorité de son mandat, a défendu les actions des autorités. Il a souligné que le gouvernement intensifie ses efforts pour contrôler les frontières et déporter les immigrants en situation irrégulière, tout en appelant au respect des lois. “Nous devons protéger notre souveraineté, mais nous devons également agir dans le cadre de la loi et du respect des droits de l’homme”, a-t-il déclaré.
Cet incident illustre les profondes divisions qui existent en République dominicaine autour des questions d’immigration et de souveraineté nationale. Alors que certains citoyens soutiennent les mesures strictes pour limiter l’immigration irrégulière, d’autres craignent que ces actions ne renforcent les tensions sociales et ne marginalisent davantage les communautés immigrantes.
La situation à Hoyo de Friusa reste tendue, et les appels au dialogue et à la modération se multiplient. Les autorités, les organisations de la société civile et les représentants des communautés concernées devront travailler ensemble pour trouver des solutions durables et éviter de nouvelles escalades de violence.
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